Catégorie : arts

L’art du recyclage, l’art recyclé, l’art du recyclé sur design-recyclers.net

Optician Sans – une typo comme chez l’opticien

Optician Sans

est une fonte basée sur les panneaux à échelles Monoyer qu’on trouve chez les ophtalmologues et les opticiens. Fábio Duarte Martins a créé la fonte – en sachant qu’au départ ces panneaux n’utilisent qu’une dizaine de lettres. Fallait donc inventer. Il a ajouté les signes spéciaux et les chiffres aussi et le tout est devenu une typo promotionnelle pour… un opticien en Norvège. Très bonne idée.

Les échelles Monoyer sont des tests optométriques, (c’est-à-dire servant à déterminer l’acuité visuelle en ophtalmologie), inventés par Ferdinand Monoyer. Il s’agit de planches, les lettres de chaque ligne ont la même taille et la taille croît lorsque l’on descend.

DOOMba: Une map pour le jeu vidéo DOOM créée à l’aide d’un Roomba

Le programmeur et designer Rich Whitehouse a écrit un script qui recycle les données de localisation d’un robot-aspirateur (aka Roomba) et les transforme en une map de jeu vidéo (en occurence le célèbre et classique FPS DOOM).

Ça fait penser à un film de Cronenberg, mais honnêtement quoi de mieux que de jouer à un jeu vidéo, qui se passe chez vous, une fois que votre robot-aspirateur a fini son travail ?

DOOMBA allows you to create DOOM maps with your Roomba

(via Motherboard)



Une écharpe qui visualise les retards de train de la Deutsche Bahn en 2018.

Claudia Weber habite vers Munich et prend souvent le train. Elle adore tricoter aussi. En 2018 elle a tricoté une « écharpe de retard de train ». Par jour elle a tricoté deux lignes : en gris pour les retards de moins de 5 minutes, rose pour les retards entre 5 et 30 minutes, rouge pour les retards de plus de 30 minutes.

via Twitter

Une carte d’identité
à partir d’un portrait en 3D

carte d'identité à partir d'un portrait en 3D
Photo d’identité créée en 3D. Extrait de l’image de Raphaël Fabre.

En 2017 Raphaël Fabre, un artiste vivant à Paris fait une demande de carte d’identité à la marie du 18e. Tout est en ordre, la demande est acceptée et quelque temps après Raphaël reçoit sa nouvelle carte d’identité française. Or :

La photo que j’ai soumise pour cette demande est un modèle 3D réalisé sur ordinateur, à l’aide de plusieurs logiciels différents et de techniques utilisées pour les effets spéciaux au cinéma et dans l’industrie du jeu vidéo. C’est une image numérique, où le corps est absent, le résultat de procédés artificiels.

Fabre a réussi à hacker sa propre identité : l’image lui ressemble et semble posséder tous les critères listés par les autorités pour une photo officielle, sauf qu’elle n’a rien d’authentique. Le fait qu’elle soit produite de manière totalement artificielle et modélisée par des logiciels en 3D repousse un peu plus loin la question de l’identité : cette image, ce modèle 3D, devient la référence officielle et administrative à laquelle le vrai Raphaël est désormais censé ressembler.

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Une échelle fabriquée à partir d’un bout du mur qui sépare le Mexique et les États-Unis

l'échelle de Khaled
L’échelle de Khaled Jarrar. Extrait de la vidéo « Khaled’s ladder »

L’artiste palestinien Khaled Jarrar a été invité par le collectif d’artistes cultrunners pour une visite de la frontière entre le Mexique et les États-Unis. Le résultat concret : une échelle fabriquée à partir d’un bout du mur qui sépare le pays des États-Unis.

L’échelle se trouve côté mexicain, juste au pied de cette barrière hautement militarisée, d’une longueur totale d’environ 1000km, occupant ainsi un tiers de la ligne frontalière. Depuis 1994 il y a eu environ 10 000 personnes qui sont mortes en essayant de traverser la frontière.

Malgré un budget de 13 Milliards de dollars alloué à la U.S. Border Patrol en 2016, ce sont environ 500 000 personnes par an qui continuent à entrer aux États-Unis illégalement. Dans le but de refouler les migrants, l’idée de construire une muraille militarisée à la frontière sud des États-Unis a de nombreux et illustres défenseurs, en dépit d’un coût prohibitif et d’une efficacité qui reste à démontrer.
Ainsi, le magnat de la construction Donald Trump, qui avant de se faire élire président des Etats-Unis a promis à ses électeurs de rallonger le mur et, chose incongrue, de faire payer les frais de construction par le Mexique. Depuis Trump a révisé son programme, et pense que le Mexique va payer « une partie des frais ».

second wall of america
Le projet « Second Wall of America » de Gautier Piechotta et Wu Di.

Depuis, une compétition internationale a eu lieu dans le but de re-conceptualiser le mur entre les USA et le Mexique. Deux étudiants de l’École Spéciale d’Architecture de Paris, Gautier Piechotta et Wu Di, ont gagné avec un concept joliment utopique de zone végétalisée : le mur serait reconverti en un gigantesque tuyau d’arrosage permettant de faire venir l’eau de l’océan, la désaliniser et ainsi lutter contre la désertification qui frappe la région.

erasing the border - une autre manière de surmonter le mur
Ana Teresa Fernandez – Erasing the border – Performance à Tijuan.

L’artiste mexicaine, Ana Teresa Fernandez a une autre approche : Dans des actions regroupées sous le nom de « Borrando la Frontera » – Effacer la Frontière -, elle repeint une partie de l’édifice frontalier pour le faire disparaître dans le paysage.

Le projet consiste dans l’effacement symbolique d’une barrière physique qui existe depuis trop longtemps, sépare les familles et cause la misère généralisée.

Une partie de la barrière frontalière « effacée ».

Et hop, pour finir cet article sur le recyclage et re-design des barrières, la vidéo qui documente la création de l’échelle de monsieur Jarrar : Khaled’s Ladder, une invitation à sauter les murs, ne serait-ce que dans sa tête !

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Sacs fabriqués à partir de chutes de cuirs habituellement jetées

Recycler c’est bien, certes, mais ne pas jeter , c’est encore mieux !

Quand on tue une poule ou un cochon ou une vache pour les manger (ce qui consiste déjà en soi en une activité qui n’est pas au goût de tout le monde, et pour pas mal de raisons) la moindre des choses c’est de tout bouffer et de ne pas jeter la moitié sous prétexte que c’est dégueu. En ce sens : vive les tripes, les têtes de veau, les cervelles d’agneaux, les oreilles de cochons et j’en passe…

 Un travail  de Victoria Ledig : des sacs et accessoires en chutes de cuir ou de peaux, qui normalement sont jetées à la poubelle.

Most leather is processed to the point of becoming unrecognizable as what it is and this contributes to a general attitude, which I chose to question in this project. This collection of bags aims to reconnect with the material’s origin and natural beauty.

I took those body parts not normally used in leather goods, as the cow’s head, tail or lower leg and turned them into leather, highlighting their natural forms and textures. These parts would normally be discarded within the process or be processed further into an unrecognizable animal ingredient.

via : nerdcore